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Journal de Fabien Fournier

Et si l'imaginaire d'un auteur finissait par avoir raison de sa santé mentale ?
4 réponses - Page : 1 sur 1

Journal de Fabien Fournier
le 09 mai 2021 - 15:52

Le 18 Avril 2021

Est-il possible de faire d’une idée innocente, d’une vague pensée créative, d’un acte d’association opportun, d’une inspiration induite par une histoire prenante, la source d’un tourment ?
Ce ne devait être qu’un divertissement. Un moyen de loisir réunissant autour de moi les âmes qui m’importaient dans la réalisation d’un projet. L’aventure a été merveilleuse durant des années, et l’univers que j’ai créé s’est développé au-delà de toutes les espérances, m’assurant aujourd’hui la chaleur d’un foyer.
Personne ne voulait de nos frasques amateurs lors de nos primes années de jeunesse au crépuscule de l’adolescence, mais ça n’avait pas d’importance. L’idée était là. Elle avait germé telle une jeune pousse fragile dans l’obscure forêt de la vérité du réel. Mais toute mon énergie et mon attention y étaient consacrées, et je l’ai entretenu. Elle a survécu par ma volonté au lieu de sombrer dans l’oubli comme le sont destinés les premiers amours. Le travail et le temps m’ont permis d’étendre le concept au-delà de mes espoirs les plus fous.
Aujourd’hui, les récits originels issus de mon esprit sont devenus de vastes univers dont je semble perdre peu à peu le contrôle. Et je ne parle pas de notions juridiques concernant des droits quelconques, ou de l’appropriation de ceux-ci par le public qui suit avec avidité les aventures de ses héros. Non. Ils semblent échapper peu à peu à mon contrôle.
Nous sommes au beau milieu de la nuit, et je ne trouve pas le sommeil. J’ai peur de fermer les yeux. Je suis terrorisé par ces cauchemars qui m’assaillent depuis un certains temps. Les personnages que j’ai créé viennent me voir, et me parlent.
Autrefois, lorsque je rêvais d’eux, il ne m’en restait au réveil qu’un vague souvenir, un sentiment d’irréel éphémère qui s’estompait avant de sombrer définitivement dans les méandres de l’oubli.
Je ne peux plus en dire autant aujourd’hui. Les images que j’y vois se gravent dans ma mémoire, aussi indélébiles que les hiéroglyphes dans la pierre. Le parfum des fleures de la Plaine de Centralis comme les effluves nauséabonds des cadavres pourrissants sur les champs de bataille persistent. Les éléments que je touche impriment leurs empreintes sur ma peau et dans ma chaire. Les cris de guerre de la Coalition, le martellement de pas des fantassins, les explosions engendrés par de puissantes incantations magiques résonnent perpétuellement dans ma tête. Les gens me font une conversation dont je garde chacune des bribes.
Les rêves sont volatiles. Mais ce que je vie chaque nuit depuis plusieurs jours est un souvenir palpable, d’une précision telle que j’en arrive à me demander si tout cela ne s’est déroulé que dans mon esprit ou si je l’ai bel et bien vécu.
Mais ce qu’il y a de plus épouvantable est mon impuissance lors de ces incursions. Je me sens comme violé dans mon intimité, conduit de force dans cet endroit, et condamné à subir les affres du monde que j’ai créé. Ce n’est pas normal.
Je suis Le Créateur. Je régis l’univers d’Olydri. Il devrait se soumettre à ma volonté, et non l’inverse. Je suis Dieu dans ce monde. J’ai droit de gloire et de déchéance sur chacun des personnages.
Alors, pourquoi suis-je si impuissant ? C’est à croire que les êtres peuplant ce monde échappent peu à peu à ma volonté, agissant d’eux-mêmes, libres de leurs actes et de leurs pensées. Pire encore, car les rôles semblent s’être inversés. Ils ne se soumettent plus à moi, et m’imposent leur volonté d’indépendance par la terreur qu’ils m’inspirent.
Le silence est pesant. Le ventilateur de mon ordinateur couvre les légers ronflements d’Anne-Laure qui ne se doute pas de ce que je traverse. Notre bébé sommeille paisiblement dans son petit lit, et je prie pour entendre ses pleures dans l’instant afin de rompre mon insupportable solitude, et occuper mon esprit IRL.
Les démons de la nuit m’envahissent. Cette réminiscence animale qui nous fait craindre l’obscurité me provoque des sueurs froides dont les gouttes glaciales perlent sur mon visage et dans mon dos.
Je devrais retourner rejoindre ma bien-aimée dans nos draps chauds, mais je sais que je ne parviendrai pas à dormir. Ou pire, je pourrais vraiment me laisser aller à la raillerie de Morphée qui me déposerait en Olydri.
Il est temps d’occuper mes pensées à d’autres chants. L’invitation faussement cordiale à remplir ma déclaration de revenues est étrangement aguichante, car la claque de cette réalité mise à mon imagination en roue-libre pourra me libérer quelques instants.



Édité le 12 mai 2021 - 13:17 par Illirio
Illirio
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RE: Journal de Fabien Fournier
le 09 mai 2021 - 15:54

Le 23 Avril 2021

Anne-Laure est sortie faire les courses, et notre enfant fait sa sieste. Aussi je profite de ces quelques instants de tranquillité pour poser sur le papier mes sentiments.
J’ai toujours eu pour habitude d’écrire et de créer sur mon ordinateur, mais en ces temps durant lesquels l’irréel me submerge progressivement, je trouve le contact de la feuille et du crayon rassurant. C’est en ces rares occasions que l’on se rend compte qu’on ne prend plus le temps de poser l’encre soi-même. Les machines provoquent la virtualité de ce qui était réel. J’ai beau être un auteur, je me rend à l’évidence compte que c’est la machine qui a écrit mes ouvrages, et que je n’ai fais que les lui dicter ; c’est la machine qui conserve sous une forme immatérielle les aventures des Noobs.
Si l’envie m’en prenait, je pourrais les détruire en un instant. Cela ferait-il cesser les cauchemars ? J’avoue que la tentation est délicieuse. Une issue de secoure à mes tourments, mais le résultat est incertain. Je ne peux risquer de détruire mon travail au péril d’assister à la disparition de mon confort de vie. De plus, rien ne me garantit que cela fera cesser mes angoisses, et que les intrusions nocturnes des Olydriens cesseront.
L’un d’eux m’a d’ailleurs rendu visite tandis que je longeais le dôme de rosaphir protégeant la capitale de l’Empire, m’émerveillant de ses teintes violacées, et me demandant comment j’avais pu imaginer et créé une chose pareille. Il s’agissait d’Ystos, le druide, vêtu de son costume vert et noir, parsemé de guirlandes feuillues.
Je pensais tout connaître et tout contrôler en Olydri, mais il m’a rapporter des événements dont j’ignorais les tenants.
Une armée de Sansâmes, créatures composant le peuple de la Source du Néant, se serait rassemblée en masse aux frontières des différents continents d’Olydri, s’apprêtant à envahir simultanément toutes les terres de la lune d’Arturis. Les éclaireurs parlaient d’une armée si vaste que l’horizon semblait couper leur nombre, tout comme le ciel limite la mer lorsqu’on la regarde depuis une plage.
Certes, j’avais déjà imaginé ce scénario d’une invasion. Mais cela avait déjà eu lieu, et les hordes ennemies, ainsi que Dörtos, la Source du Néant avaient été vaincu.
Comment cela pouvait-il avoir lieu en ce moment alors que moi, le Grand Omnipotent de ce monde, n’avait rien décidé de créer ? Je ne vois qu’une seule possibilité, mais celle-ci m’obligerait à admettre ma propre folie. Je m’y refuse. J’ignore ce qui se passe.
Anne-Laure a bien remarqué que j’étais de plus en plus fatigué, et m’a invité – non, je devrais dire plutôt ordonné – à aller voir notre médecin. Les cachets m’aideront peut-être à ralentir la frénésie de mon cerveau. Il le faut, car sans cela, je pense que je risque de perdre pied.



Édité le 12 mai 2021 - 13:24 par Illirio
Illirio
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RE: Journal de Fabien Fournier
le 09 mai 2021 - 15:56

Le 1er Mai 2021

Comme je m’y attendais, et l’ai ardemment souhaité, on m’a prescrit des anxiolytiques. Mais ça ne marche pas. Anne-Laure est vraiment très inquiète, car mon état de délabrement est plus que remarquable, et le dissimuler est de plus en plus difficile.
Je me rends en Olydri chaque nuit. Je ne sais plus quoi y faire, ni même où en est la situation géopolitique. Il semble que j’ai de moins en moins de contrôle. La destinée de ces êtres est à présent entre leurs seuls mains ou bien soumise à l’influence des Sources Fondatrices.
La journée, je m’acharne à tenter de rétablir ma domination. Je fais accomplir des exploits aux héros de ce monde afin qu’ils arrangent eux-mêmes la situation. Tant que je suis éveillé, je garde partiellement mon pouvoir. Mais je les sens lutter contre mon emprise.
Lorsque l’obscurité fait place, et que ma volonté disparaît dans les méandres du sommeil, ils s’éveillent alors. Ils ne me rendent plus seulement visite. Je ne parcoure plus Olydri dans mes songes en me rappelant de chaque détails une fois le jour venu. C’est bien plus profond, plus réel que cela. Je fais parti de ce monde libéré des entraves de mon imagination.
Que se passerait-il si j’y mourrais ? Après tout, Olydri est un monde dans lequel règne une guerre ancestrale, une terre parcourue par des aventuriers aux terrifiants pouvoirs magiques, et la mort est partout présente.
Est-ce que je trépasserais IRL, ou bien serais-je définitivement incapable d’imaginer quoi que ce soit de plus afin d’étoffer ce monde ? Ce serait tellement libérateur, et j’y songe. Me rendre sur un champs de bataille, et me présenter seul et sans arme face aux légions de Dörtos, les bras ouverts, le regard au ciel tandis que le rouleau compresseur ferait son office sur mon corps.
Il est plus probable que je sombrerais dans la folie.
J’ose espérer que mon état s’améliorera, et que ces écrits malheureux ne seront jamais lus par personne. Mais si Olydri finissait par dévorer ma raison, puissent ces lignes être témoins de mon combat.



Édité le 12 mai 2021 - 13:30 par Illirio
Illirio
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RE: Journal de Fabien Fournier
le 09 mai 2021 - 15:57

Le 6 Mai 2021

Anne-Laure est en pleure dans notre chambre. La dispute a été d’une rare violence. Elle a toujours eu un tempérament de feu, mais ses hurlements ont fait écho à ma propre décrépitude. Cela doit faire dix jours peut-être plus que je ne me suis pas douché, et n’ai changé de vêtements. L’appétit me manque, et le miroir me renvoie l’image de mes cotes saillantes, de mes joues qui se creusent, de mes cheveux hirsutes, de mon teint cadavérique, et de mes globes oculaires injectés de sang.
Je ne parviens plus à voir ce qui se passe par delà le monde d’Olydri. L’omniscience qui était mienne a définitivement disparu, que je sois éveillé ou non. Les armées de Dörtos sont proches des capitales, et je ne peux rien y faire. Le peu de pouvoir qui m’est encore accordé au plus fort de mes moments de lucidité se résume à créer quelques bâtiments supplémentaires dans Centralis, et faire apparaître des Néogiciens pour défendre le dôme de rosaphir.
Keynn Lucans est dorénavant plus puissant que je ne le suis, sans parler des Sources. Je me demande la raison de leur silence et de leur inaction. Elles sont censées laisser leur libre arbitre aux mortels, mais devant le désastre qui s’annonce, elles auraient dû intervenir.
De nombreux héros d’Olydri ont trouvé la mort, et seule Saly Asigar, parmi les technogrades de rang un, a survécu. Mais pour combien de temps ?
Je vais écrire ce journal aussi longtemps que ma conscience réalisera de quel coté se trouve le réel, car sa barrière est à présent aussi mince qu’une feuille de papier, celle-là même sur laquelle je couche ces mots. Si celle-ci disparaît, le Néant l’emportera, et mon âme sera consumée dans les flammes de la folie.



Édité le 12 mai 2021 - 13:33 par Illirio
Illirio
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RE: Journal de Fabien Fournier
le 09 mai 2021 - 15:57

Le 7 Mai 2021

Suis-je encore dans le réel ?
La parcelle d’intellect encore épargnée du chaos bourdonnant dans mon esprit me dit que j’y suis ; mais tout ce que je ressens me prouve le contraire. Ce monde est inconsistant, et sans saveur. Il y a un silence de plomb. Je crois que ma femme est partie avec le bébé. J’ai le souvenir d’une énième dispute. Ou plutôt, c’est elle qui a crié, et je suis resté à la regarder fixement sans ouvrir la bouche. Puis, elle a fait sa valise devant moi. Je n’ai pas esquissé un geste.
Je crois…
Est-ce que ça s’est vraiment passé ?
Je ne suis plus certain de ce qui est vrai.
Je sombre. J’en suis certain cette fois. Il n’y a plus d’alternative à cette folie qui m’engloutit.
Olydri est envahi, et les rares survivants dont je fais parti ont trouvé refuge dans des galeries creusées sous la capitale de l’Empire. Je n’ai rien pu faire pour nous sauver. Le Néant a gagné.
J’ai peut-être une idée.
Que ce dernier acte puise dans les quelques gouttes restantes de mon imagination afin de sauver Olydri :


Qu’apparaisse en ce lieu, tandis que je m’évanouis dans le Néant, le personnage d’Anne-Laure Jarnet dans ses traits du monde réel.
Que lui soit octroyé le pouvoir de parcourir les univers afin de faire venir en ces lieux les super-héros d’Ether City pour rétablir l’ordre.
Car Olydri est ma création. Sa destinée ne dépend plus que d’elle.



Édité le 12 mai 2021 - 13:39 par Illirio
Illirio
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